
Peux-tu te présenter ?
Bonjour, je suis Laurent Perez, et cela fait maintenant 10 ans que je travaille en tant qu’assistance à maitrise d’ouvrage (AMO). Après un bref passage par l’informatique bancaire, je me suis orienté vers le secteur du bâtiment, et plus précisément l’application des démarches de développement durable aux projets de construction, rénovation et aménagement.
Qu’est-ce que l’Assistance à maitrise d’ouvrage (AMO)
Synthétiquement, l’AMO accompagne le maître d’ouvrage tout au long du projet : programmation, choix du maître d’œuvre, conception, choix des entreprises, chantier, réception et exploitation. Sa mission consiste à fixer des objectifs environnementaux, sociaux et économiques pertinents pour le projet, puis s’assurer que ces objectifs sont tenus en construction et dans la vie du bâtiment. Cet accompagnement porte autant sur les aspects techniques, qu’organisationnels et méthodologiques.
Souvent démunis face à ces nouvelles façons de mener un projet, de plus en plus de maîtres d’ouvrages choisissent de se faire accompagner par un professionnel.
Peux-tu nous expliquer ton parcours ?
Je suis issu d’une formation initiale d’ingénieur généraliste, diplômé de l’école nationale supérieure d’arts et métiers (ENSAM) et de l’université de Cardiff.
Après quelques années d’expérience dans le secteur de l’informatique bancaire, je suis désireux de m’impliquer dans une profession en accord avec mes valeurs et convictions personnelles. Je décide alors d’orienter ma carrière vers les métiers liés au développement durable, en particulier ceux appliqués au secteur du bâtiment, un domaine qui m’était particulièrement familier.
Pour ce faire, je choisis un Master professionnel en alternance, « Habitat, Urbanisme et Transport durable » à l’ISEAM, d’une durée de 14 mois.
Employé en CDI à la suite de mon stage, je mets à profit mes compétences et mes nouvelles connaissances pour la société Ecofys. En tant que consultant « Energie et performance du cadre bâti », je passe 3 années très stimulantes au sein de ce bureau d’études d’envergure européenne.
A la suite d’une restructuration de la société, je saisis l’opportunité de concrétiser une envie que je nourrissais déjà depuis plusieurs années, celui d’être entrepreneur. C’est en 2009 que je décide de créer Duréo.
Peux-tu nous en dire davantage sur ta vision ? As-tu des exemples de projets pour illustrer tes propos ?
Le risque aujourd’hui est d’avoir une vision simpliste et purement technique du sujet. Or, un projet de bâtiment soutenable est un projet sur lequel on a su positionner des ambitions adaptées, à la fois sur le volet environnemental -énergie, eau, déchets, chantier, matériaux…- mais aussi sur le volet économique -coût d’investissement, coût d’entretien-maintenance…- et le volet social - insertion professionnelle, sensibilisation …-
Le but n’est pas de positionner les curseurs au maximum sur tous les sujets mais plutôt de trouver le profil le plus ambitieux pour le projet donné.
Nous travaillons actuellement sur plusieurs réhabilitations lourdes de groupes scolaires. En plus du volet technique extrêmement intéressant, ces opérations présentent une dimension sociale particulièrement importante. Il s’agit de réhabiliter de manière exemplaire un bâtiment destiné à accueillir les générations futures. Cette opération constitue donc un véritable projet pédagogique pour les 30 prochaines années sur bien des sujets : énergies renouvelables, gestion des déchets, consommation d’eau potable …
Par exemple, nous nous chargeons d’inscrire dans le cahier des charges de l’opération des actions de sensibilisation auprès des élèves ou des riverains (information, visites de chantier) ou des actions permettant l’appropriation par les élèves de leur future école (décoration, espaces verts…).
Quels sont à ton avis, les compétences ou savoir-être nécessaires à ce poste ?
Notre métier est de prévoir ce qu’est un bâtiment adapté aux enjeux de notre société, il y a donc une nécessité de maintenir une importante veille, qu’elle soit technique, technologique, réglementaire ou méthodologique.
C’est aussi un métier de conduite du changement, il faut donc disposer d’une bonne capacité de conviction pour fédérer tous les acteurs autour de cette nouvelle vision de l’acte de bâtir.
La transversalité impose une ouverture d’esprit mais aussi et surtout un esprit critique exercé. Il ne se passe pas un jour sans que fleurisse un produit « développement durable ». Hors un projet soutenable n’est pas une juxtaposition de produits verts…c’est avant tout un projet réfléchi et adapté à son contexte.
Pour conclure, je dirais que l’AMO-HQE se doit d’être un éternel optimiste et interpréter les crises comme une opportunité de changement. Dans notre métier, il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions !
As-tu des projets futurs ?
Mes projets portent notamment sur le développement de travaux collaboratifs avec les partenaires de notre réseau professionnel. Ce type d’approche apporte une dimension collective à notre métier et permet de faire émerger des réponses innovantes aux enjeux qui nous concernent tous.
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